10.11.10

à l’obscurité de la recherche

Exode. Étire. Prolonge. Je veux ce moment pressentir.  Cet abri de sable, coquillages de larmes, soleil de pluie. Une tortue rouge pâle, tachetée argent. Stop les manœuvres.  Me reposer quelques minutes. Près d’une griffe de roche, conjoncture sauvage. J’aime quand ça gondole,  me détendre sous la boussole. Ne rien craindre.

Recommençons. Sur ces plages possibles, fragments et explosions miniatures, essais de langage, mots-corps, cousus de fils lumineux. Au sol de tes épaules,  je lis ta veine,  je vais à tes seins. Amant de l’est et des entretiens. Croître est une expédition.

Vocalises rugueuses. Coin de loupe. Dictionnaires intégrés. J’ouvre sur le cercle du noyau, les cerises du cerf, la chaine de montagnes céramique. Difficile de garder l’équilibre sur la pointe d’une pyramide. Je me sens dromadaire à Newyork. Femme châssis, fenouil, fleurs de curcuma, antennes de joie, franche des bois, gibbon. Arbre mâle, houppe, implants de données, Demeter ou Parques, loin de Hadès. Soyons pariétal de citrons. La parole a le plancher. Les pensées s’épanouissent. Nos enclos rapetissent. Ils éteignent les étoiles de plus en plus tôt.

24.10.10

la patience des oiseaux

J’ouvre sur ces fragments abandonnés, des pertes que je tente de résoudre. Je crie de partout, les cris ne s’entendent plus. Comment est-ce possible ? S’aimer autant que nous. Ce silence est une apparition. Là, à presque la suite.

Je ne peux pas encore te parler des fleurs. Ça vient de moi. J’ai absorbé ce besoin de. Juste. Être bien. Sentir. Savoir que tu es satisfait. Je veux jouer avec toi sur le toit de la chambre. Cet acte délicat de rapprochement, nos désirs palpables, ne pas soutendre leurs arrêts. Une nuit de lune blanche, avant l’aube, midi ou après la suite des gestes de ce rendre, nous saurons. Ma douceur te sera offerte, tu viendras. Échouer sur mon âge. J’ai envie d’être couverte avant l’hiver.

Je jardine dans la cuisine. Je bois de la terre. Des neiges roses tombent sur le plancher. Tant de pattes pour s’assoir. Je veux me laisser agir. Impossible de me confondre. La peur ? Je ne veux pas qu’elle nous éloigne. La vie est ce regard intérieur, des moments de guérison. Les odeurs descriptibles en un mot, c’est moi, oui, je suis libre. Ne pas m’enfermer dans les émois. Je ne connais pas de fleuves trop rapides. Je ne dois pas étirer ce bonheur. Ne pas penser à l’éloignement. Non plus à ce temps sans toi. Ne pas inventer ce qui serait différent de nous. 

La vie sait.

21.10.10

mirage réel

Tradition classique.Vue sur mer.Vague sous les soleils espiègles.Tu t’affales. C’est toi le lion sur la dune. Le farwest au ralentit. Le désert. Ce mirage en carton. En plus de marcher sur le sable rouge. Arrêtons. Rien ne presse de se rendre à mourir.

Allons vers ces danses oblongues, sur la grève sauvage où les vagues lentes apaisent la peur de rompre. Chaleur de l’eau saline, baiser infini, retransmission parfaite, je te sens border l’escale. Lèvres conforts, bateau, avion, pieds, mains. Mouiller pour ensuite toucher nos terres. Ritualiser. La vie est éphémère. Je me demande d’où provient ce sentiment d’être lié à toi. Interminablement.

Paisible, calme, sage, vieille ? Trop de maintenant à vivre. Initiatique. Ce soir est trop tard. Je ne danserai pas avec les ombres. Les talons de la pluie claque sur la fenêtre. Je m’échappe à notre rendez-vous. Démarre les tapis. Abandonne ta peur, elle sera dissoute. Le bonheur ? Il ressemble à cet orange de juillet.

18.10.10

escale à l'abandon

Vers la grande île s’illuminant la nuit, nous arrivons. Le jeune matin resplendit sous les néons verts de l’autoroute. Demain, les petits fruits étendus sur la plage seront des souvenirs étanches. Les bleuets, coquillages de mains et d’arbustes, mémoires de la nature que nous aurons laissées derrière nous, resteront intacts.  

Je veux te redire lentement ce qui me capture quand tu me regardes. J’aimerais me tendre à la paume de ton édredon, évaporer les derniers songes, découvrir la finale des mots, ceux que tu chantes en murmurant. Pour t’amener jusqu’à moi, je ne prévois rien, pas de plan aux creux de mes bras. Seulement le désir d’être là si là, au sol du fa. Te toucher, te sentir, te rendre plus beau.

Disons-le, cet amour est infini. Viens. Juste à mes hanches, reviens. Ensuite, ce sera à moi. Nous n’aurons plus besoin de parler, seulement entendre le chant satisfait de cet état naissant. Simple et complet. Nous ferons la suite de l’amour. Avant de vieillir, tu me diras oui, me couvriras de la douceur de ton souffle.

Je t’aime en silence, je te patine lentement, sur le café du matin je m’étale. Ta nature se mélange à moi. Il y a des odeurs de chats et de fleuve, des foins séchés, des lumières d’automne sur ta peau cachée. Je veux être la somme de tes pensées extatiques.      


Ne m'invente plus rare.

13.10.10

l’âge des vents

Ce moment est fragile. Libre. Je t’aime. Secrète. Distante. Présente. Lente. Fleurie. Invisible. Blanche. Neutre. Off. Amoureuse. Je ne résiste pas au bonheur. Mon archer. J’émets ces ondes luminaires, broderies de cheveux, escale aux codes de mon dos. Le matin, quand tu dors, je m’approche tout près. Je te dis, apaisée, que la peur  n’a plus lieu d’être. S’épanouir demande du temps. Je t’offre ces murmures, tu les entends, mêlés à ton roi. Cet amour te comble du sentiment complet d’être aimé. Tu te sens mieux. Tendre, immense. Tes mains sens. Sur mon corps. Le paysage rendu à ce désert désiré, vide sable, ocre rouge brulé, infini. Nue. En robe de peau.

Éternel, instantané, disparu, épars. Un aéroport. J’aère. Respiration. Une seconde avant, pendant, seulement, maintenant. Les oiseaux dorment, les avions grondent. Un éléphant. Des fleurs sur le tapis d’asphalte. Ce lieu. Écho où les murmures s’évaporent lentement. Nos pas avancent. J’entends les voix de la mémoire. Je veux savoir ce qui n’arrive pas, connaître le pourquoi des pièges, écouter tes mains posées sur la lune, le chant des pelles et des pierres. Revenir à toi.

6.10.10

hors de nous

Je ne sais pas aimer sans bouger, attendre que ça ce passe. Les choses ne se font pas toutes seules. Pas toujours. Je ne suis pas sage, non, ça ne me ressemble pas ces détournements de conscience. Tu agis sur moi à distance, je le sens, quel mérite pour un homme de l’absence. Quelle chance. J’ai adopté ta passion silencieuse. Nous le savons, tu n’es que le prétexte. Tu existes en plus petit et plus vrai que le fantasme de l’écrivaine. Et l’écrivaine ?  Plus grande que la simple femme que je suis.

Je te fais l’amour sur la petite table rouge de la cuisine. Les fruits dansent dans le panier. Tes yeux se ferment sur ce contre jour, tu connais le langage des mouvements immobiles. J’aimerais m’étendre encore sur ta nuit américaine, m’abreuver de ton odeur. Parviens à mon respire. Abandonnes-toi. C’est si bon de ne plus penser. C’est ta façon d’être médecine.  Je veux t’entendre gémir sous l’effet de ma bouche sur ton sexe. Je veux jouer de mes mains dans ta terre, caresser tes cheveux  fauves. Ne rien demander et ne pas me taire. Je veux être l’eau, la blancheur tachée, te couvrir de mes trésors. Je ne veux pas que tu dérives seul, pour ça, je dois partir du film. Tu as voulu que je sois là.  Comment est-ce possible ? Déjà la fin de cette fable à peine débutée, 

Je veille mon insomnie. Indienne sur le tapis de plumes. Invites moi à tes clefs. Je veux me partager et être encore plus belle, souffler mes airs sur ta peau.  Je veux que tu me savoures, que tu apprennes mon cœur, cartographie mon corps. J’aimerais que l’on reconduise la nuit pour mettre à monde cet amour sans barrières. Je ne veux pas qu’il y est de mais, je ne marche pas au doute, je ne carbure pas à la peur. Et toi ? Quand t’apercevras-tu que les barreaux de ta prison ne sont que tes mains déposées devant ton visage.

4.10.10

session 0000

Note : Beauvoir et Sartre écrivent côte à côte dans un bureau  enfumé. Cette vision à quelque chose d’horrible.

Nos regards échangent des paroles silencieuses. Je suis appelée à tes petites éternités. Tes yeux pénètrent lentement ce désir d’horizon sans faille, j’y suis. J’illumine le destin de croquis infinis, je m’allume telle une star atteignable, un store vertical à l’obscurité inévitable qui se résigne. Dormir. Imprégnés de nos corps.  Inlassablement, nous tremblons entre les heures des matins obscurs. Les couleurs, un dégradé sonore. Je ne suis pas seule à comprendre la langue de ce futur, ce mélange à tes souhaits réalisables. Il m’arrive de te déminer. Tu le veux et j’aime ça. Nous sommes Jésus. 3 chances. Et puis. Après. Ça casse en continuité. On s’en fout. Zoup ! La trinité !

Sur la planète Islande, là où on ne cherche pas  les geysers et les feux condensés, saunas, habitudes et rituels, dimensions pacifiques, ce racontent  des histoires seules, naissent et s’évaporent des brumes incandescentes. En une grande fraction de seconde, les lumières changent. Quelques minutes, je t’invite à ce chant de mots choisis.  Amour inconditionnel.  Détachement.  Regarde la ressemblance qu’il y a entre ton amour du fruit et l’arbre résultat. (Gauvreau au secours) ! Musique !